L’histoire des religions considère que les conceptions messianiques qui se sont cristallisées historiquement autour
de la personne de Jésus de Nazareth sont nées des promesses divines de pérennité dynastique faites à David. Les manuscrits de la mer Morte ont pourtant montré que le titre de Messie n’était apparu dans les textes qu’à l’époque de la domination d’Alexandre Jannée, le premier grand prêtre de Jérusalem à avoir pris durablement le titre de roi. Cet état de fait invite à penser que la notion de Messie est en fait davantage d’origine sacerdotale que royale et a vu le jour à l’époque hasmonéenne, dans la mouvance de la victoire définitive espérée des rois-prêtres de Jérusalem sur l’impérialisme des rois gréco-macédoniens séleucides. Par la suite, après l’expérience des Hérodiens, rois-clients des Romains, la mémoire de la révolte maccabéenne a fait revivre un temps l’espoir qu’un soulèvement national amènerait une nouvelle royauté autochtone, plus digne que toutes les autres, qui établirait le royaume des cieux sur toute la terre. Après l’extinction des espoirs, l’idée messianique finit par s’infléchir pour donner naissance à d’autres formes religieuses.
CONFÉRENCIER
Arnaud SérandourMaître de conférence à l’École pratique des hautes études
(EPHE, section religieuse), Paris
PARTENARIAT
- L’association des Études du Proche-Orient Ancien
- Le Département d’Histoire de l’UQAM
- Université de Montréal
